vivre son deuil pendant les fêtes

Vivre un deuil pendant les fêtes : comment vivre sans elle, sans lui ? 

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé », disait Lamartine. Le temps de fêtes arrive et avec lui son injonction sociétale à être heureux·se et à l’être nécessairement en famille (puisque les fêtes de fin d’année sont familiales) : l’angoisse monte insidieusement. Les fêtes qui arrivent, sans elle ou sans lui, ressemblent à un désert intérieur qui contraste douloureusement avec la joie des rassemblements. Ces célébrations nous rappellent le vide en nous : trouver de la joie à partager et être ensemble semble compliqué lorsqu’il nous manque quelqu’un. 

Comment vivre les fêtes quand on est endeuillé·e ? Dans cet article, je vous propose quelques idées. Ce ne sont pas des vérités absolues : chaque deuil, chaque endeuillé·e est unique et chacun·e doit faire ce qui lui semble juste. Cela peut constituer un premier obstacle : pour savoir ce qui est juste, il est nécessaire d’y réfléchir. Comment ? Voici la première piste. 

Changer ses habitudes pendant les fêtes pour alléger la souffrance du deuil 

Le temps du deuil est un temps de réorganisation qui amène à modifier certaines habitudes ou certaines traditions familiales. En effet, les maintenir serait source de souffrance pour le moment

Sentez-vous libre d’explorer ces différentes idées : 

  • Partir à l’étranger loin de toute référence à l’effervescence des fêtes : le but ? Ne pas réactiver douloureusement les souvenirs des temps heureux. Cependant, même dans un endroit dépaysant, les moments de tristesse ont leur place. Laissez de l’espace à votre peine, accueillez-la. 
  • Changer les habitudes ou certaines traditions familiales. Vous pouvez, par exemple, changer le lieu où la famille se réunit pour le repas de Noël, faire appel à un traiteur au lieu de passer des heures en cuisine ou simplement modifier la décoration. 
  • Exprimer ses besoins à son entourage. Redéfinir (temporairement ou non) ses habitudes permet de modifier le champ des comparaisons. Si plusieurs éléments changent, on adoucit (sans supprimer) le changement principal : l’absence de l’être cher. 
  • Prendre un moment de recueillement au début du repas : c’est l’occasion de nommer le défunt et d’avoir une pensée tous ensemble pour lui ou elle. 
  • Choisir de passer les fêtes autrement, par exemple avec des personnes dans le besoin, en se sentant utile. 

Quoi que vous choisissiez pour opérer ces changements, restez dans la vie, si c’est possible. 

Vivre la période de fêtes endeuillé·e, c’est avant tout s’autoriser à respecter ses propres besoins 

En réfléchissant aux invitations, aux traditions, aux choix qui s’offrent à vous, gardez toujours en tête que rien n’est figé. Vous avez le droit de changer d’avis, de modifier vos plans, de renoncer ou d’accepter au dernier moment. Rien ne vous emprisonne : vous avancez à votre rythme, au plus près de ce que vous ressentez. 

Où que vous soyez, quoi que vous fassiez, n’oubliez pas que vos larmes ont le droit de couler. Elles ne sont ni un échec ni une faiblesse. Accueillez-les, que votre entourage soit bienveillant ou que vous deviez vous isoler. Laissez-vous traverser par cette nouvelle vague du deuil, pleurez autant que vous en avez besoin. Vous ne serez pas détruit·e par ce moment émotionnel, aussi puissant soit-il.  

Ne vous éloignez pas d’un lieu ou d’un moment important simplement parce que les larmes montent. Vous avez le droit d’être là, d’exister dans cet espace sans lui, sans elle, même si cela vous bouleverse. Après la tempête émotionnelle, vous serez encore debout : un peu secoué·e peut-être, mais bien présent·e. Même si cela vous semble aujourd’hui intolérable, vous serez toujours ancré·e dans votre nouvelle réalité. C’est précisément de cette manière que vous apprivoiserez ces instants sans lui, sans elle. 

Quels que soient vos choix, pensez une seule année à la fois. Ce n’est pas parce que vous décidez de faire quelque chose de différent aujourd’hui que vous devez vous y tenir l’année prochaine. 

Le processus de deuil est évolutif et vous impose d’être le plus flexible possible. Ce qui est valable aujourd’hui peut ne pas l’être dans un mois ou dans un an, c’est la logique même de la dynamique de reconstruction. L’an prochain vous aurez avancé sur votre chemin de deuil et vous prendrez les décisions qui conviendront à ce moment-là. Ne conditionnez pas l’avenir par rapport à ce que vous éprouvez aujourd’hui. Il sera obligatoirement différent car vous serez différent·e.  

triste pendant les fêtes

Non, vous ne trahissez pas votre défunt si vous décidez de vivre les fêtes dans la joie en étant endeuillé·e 

Certain·e·s endeuillé·e·s peuvent ressentir de la culpabilité ou avoir l’impression qu’ils/elles trahissent leur défunt·e s’ils/elles prennent du bon temps pendant les fêtes. Cette auto-censure douloureuse peut faire penser que l’on garde le lien avec son défunt. On a l’impression que la souffrance est proportionnelle à la force du lien qui nous liait à cette personne. 

Contrairement à ce que certains endeuillés peuvent croire, souffrir ne maintient pas le lien.  

Ce qui préserve véritablement ce lien particulier, qui prend plus de place avec la mort, c’est l’amour, la tendresse, la complicité qui ont tissé votre histoire commune. Le processus de deuil ne supprimera jamais tout à fait la peine. Cependant, il permettra de la placer en nous à sa juste place : un espace intérieur où elle subsistera sans tout envahir. Et à côté de cet espace, d’autres pourront renaître. Oui, même en deuil, le bonheur et le plaisir ont le droit de revenir. 

Ce nouveau lien que l’on a avec notre défunt peut nous aider durant les fêtes de fin d’année. Il ne s’agit pas d’oublier. Il s’agit d’avancer avec l’absence, autrement. 

Et si le manque de notre défunt·e devient trop difficile, nous pouvons mettre en place dans la période précédant les fêtes, des rituels appropriés qui nous permettront de nous rapprocher de lui/d’elle et ainsi d’atténuer cette sensation de vide.  

L’importance de créer ses rituels pour vivre son deuil plus apaisé·e pendant les fêtes de fin d’année. 

Lorsque les fêtes approchent, beaucoup d’endeuillé·e·s ressentent le besoin de se raccrocher à quelque chose de stable, de réconfortant. C’est là que les rituels personnels, ces gestes intimes que l’on invente pour soi, peuvent jouer un rôle essentiel. Le rituel aide à la transition entre un “hier” où on partageait le quotidien ou certains moments de la vie du défunt et un “aujourd’hui” où il faut vivre sans lui, sans elle.  

Un rituel doit être considéré comme un passeur qui aide à atteindre l’autre rive. Il ne peut pas exister pour lui-même, pour nous laisser dans la barque. Il n’est pas une fin en soi. Il doit être accompli dans une démarche saine.  

Ils sont à la mesure de l’imagination et des besoins de chacun.  

Quel que soit son mode d’expression il offre un cadre ou une structure dans lesquels les pensées peuvent s’organiser. Le fait de le répéter, de reproduire les mêmes gestes et les mêmes attitudes permet de se charger d’une énergie qu’on prend progressivement plaisir à retrouver et dans laquelle on plonge avec confiance. Il crée un point de repère salutaire à une période de l’existence où on ne sait plus où on en est.  

En ménageant chaque jour un instant dédié à ce rituel, on concentre volontairement son attention sur le travail de deuil, au lieu de laisser ses pensées dériver sans direction. Et paradoxalement, savoir que ce temps existe : ce temps pour soi, pour le lien, pour l’apaisement, libère. On peut alors vivre les autres moments de la journée avec un peu plus de présence, un peu plus de souffle, un peu moins d’épuisement.

Mieux traverser son deuil pendant les fêtes grâce à ce rituel à pratiquer en journée 

  • Choisir une photo du défunt qui nous regarde, une bougie, de jolis objets (peut-être un beau bougeoir, une plante, un joli cadre…), une huile essentielle… Installez-vous dans un endroit où vous pourrez vous isoler et ne pas être dérangé·e
  • Installer un rituel c’est être dans le corps et dans le cœur. Si on est uniquement dans notre tête, cela devient un souhait plus qu’un rituel.  
  • Mettre une musique douce 
  • Avant de commencer, fermer les yeux pour prendre trois grandes respirations sans rien forcer. Vérifier que les épaules et la mâchoire sont détendues. 
  • Se demander ce que l’on souhaite inviter à soi le temps de ce moment (bienveillance, acceptation, énergie, douceur, amour, un “oui” à la vie, la joie d’être en lien avec notre défunt …)  
  • Se demander quelle est notre intention pour ce rituel : se faire du bien, honorer la personne décédée, honorer le lien qui nous unit à elle ? 
  • Posez la bougie devant nous et appeler à voix haute ce que l’on souhaite inviter puis allumer la bougie en pleine conscience. Vous manifestez à l’extérieur ce que vous voulez à l’intérieur. 

La bougie représente le feu, un symbole important de la nature, lié au besoin de transformation. C’est une source d’énergie, de force qui permet l’évolution. Pensez à tout ce que le feu peut apporter : la lumière dans la nuit, la chaleur dans le froid, la transformation des aliments. En allumant votre bougie, prenez conscience de tous ces éléments.  

  • Installez le cadre à côté de la bougie. 
  • Disposez de beaux objets, en pleine conscience, autour de la photo et de la bougie (ce que vous trouvez beau). La beauté nourrit l’âme et apaise ; elle éveille tous les sens. En disposant les objets, vous pouvez ressentir de la gratitude pour votre défunt·e et le/la nommer.  On crée ainsi une sorte de mandala de gratitude. Soyez présent·e avec des gestes doux.  
  • Vous pouvez aussi rajouter des éléments liés aux fêtes (branche de sapin, boule, …) si cela a du sens pour vous. 
  • Pendant une demi-heure à une heure (ou le temps nécessaire pour vous), parlez à votre défunt·e (à voix haute), lui partager votre journée, vos émotions, vos angoisses, vos projets, vos peurs… 
  • Des émotions peuvent surgir : c’est parfaitement juste : laissez vos larmes couler puis revenez à la discussion.  
  • Après le temps d’échange, se placer dans la gratitude : ressentir la reconnaissance d’avoir pris ce temps pour vous-même, et pour vous deux.  

Intégrer l’élément de la Terre dans un rituel pour s’ancrer dans l’instant présent quand on est endeuillé·e pendant les fêtes.  

Durant la semaine, en réalisant le rituel de la bougie et de la photo, nous pouvons prendre un temps pour ajouter un rituel autour de la Terre. La Terre est source de vie : on sème et elle fait pousser. La terre prend soin de la vie et de la mort, transformant même la mort pour recréer la vie par la décomposition. 

Noel endeuillé
  • Prendre deux petits morceaux de papier 
  • Préparer un joli récipient avec de la terre ou du sable, ou un pot de fleur. 
  • Le premier geste sera celui de semer. On se demande ce que l’on souhaite semer. Qu’a-t-on envie d’offrir ? Quelque chose qui profite à d’autres ?  Qu’est-ce qui nous a aidé dans les moments difficiles : de l’amour, une relation, notre foi en la vie, de l’espoir, de l’amour pour une personne, un rayon de soleil… ? Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse, écoutez votre cœur. 
  • Écrire le mot sur la feuille. Cela peut aussi être un dessin, un symbole. 
  • Plier la feuille en conscience, en pensant à ce qui est écrit dessus. 
  • Confier le papier plié à la terre. 
  • Prendre un instant et sentir ce qui se passe dans notre corps (si vous ne ressentez rien de particulier, c’est parfaitement normal).  
  • Sur le deuxième papier, écrire ce qui représente un obstacle, quelque chose dont on veut se détacher. Cela peut aussi être quelque chose de nuisible dans nos moments de souffrance (notre jugement intérieur, la culpabilité, le sentiment de ne pas avoir été en contact comme on l’aurait voulu, des regrets, etc.).  
  • Plier la feuille en conscience, en pensant à ce qui est écrit dessus. 
  • Confier le papier plié à la terre. 
  • Prendre un instant et ressentir ce qui se passe dans notre corps (si rien ne se manifeste, c’est parfaitement juste aussi).  

Il existe une infinité de rituels, vous pouvez vous inspirer de ceux-ci et les personnaliser. 

Cet article, ces rituels ne sont pas des vérités universelles. Ils réconforteront certain·e·s et pas d’autres. Ne croyez pas ce que je vous dis sur parole, expérimentez et prenez le temps de ressentir ce que cela vous apporte. 

Accompagner son deuil pendant les fêtes : prenez soin de vous 

Traverser les fêtes en deuil reste un chemin intime et unique, où chaque geste, chaque rituel peut offrir un peu de réconfort et de présence. Accepter ses émotions, se créer des repères et honorer le lien avec la personne disparue permet d’avancer pas à pas, avec douceur. Si vous ressentez le besoin d’un accompagnement personnalisé pour mieux vivre cette période difficile, le parcours de deuil peut vous soutenir et vous guider. Découvrez mes services pour vous déposer et retrouver goût à la vie à votre rythme. Ne restez pas seul·e face à la douleur, offrez-vous ce temps pour vous et votre deuil

Bons pour le deuil - Delphine Chary Coaching
Téléchargez gratuitement vos bons pour le deuil : ils vous aideront à soutenir une personne endeuillée ou, si vous êtes en deuil, à demander de l’aide plus facilement.

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